Si habiter dans un arbre est un rêve d’enfant, les cabanes arborées du XXIe siècle ont l’avantage de résoudre quelques soucis de logement urbain. Voici six exemples de maisons arboricoles, qui unissent la ville à la nature, et réjouissent nos cœurs d’adultes.

La boîte en alu dans les airs

Dans le quartier excentré de Zehlendorf, le pouls de la capitale qu’est Berlin bat un peu moins vite. On y trouve des villas cossues, de fiers châtaigniers et les lacs sont à deux pas seulement. C’est dans ce quartier alliant ville et nature que se tiennent depuis un certain temps des maisons arboricoles urbaines, le projet « The Urban Treehouse » conçu par Andreas Wenning, deux cabanes à louer dans les arbres sur un terrain de 650 m².

Des cubes à vivre habillés de panneaux composites en aluminium dans la forêt à Berlin.
« The Urban Treehouse » à Berlin.
Photo : Laura Fiorio

La réputation de leur concepteur n’est plus à faire dans le domaine. Ces cubes d’habitation recouverts de plaques en aluminium reposent à quatre mètres du sol sur un socle habillé de lattes en bois massif où sauna et espace de rangement peuvent facilement s’intégrer. L’escalier en acier, suspendu à des filins, conduit à une cabane aérienne donnant sur la verdure et rapprochant toujours un peu plus du ciel de Berlin.

L’intérieur tout confort des urban treehouses à Berlin
Le modernisme d’un loft, l’ambiance cosy d’une cabane dans les arbres.
Photo : Laura Fiorio

À l’intérieur, ces deux micromaisons ressemblent fortement à des lofts berlinois. Les chaises design Eames, le lit convertible, la chaîne hifi et la salle d’eau avec douche à effet pluie font du logement de 28 m² une cachette noble et spacieuse dans un écrin naturel. En proposant les agréments de la ville en plein cœur de la nature, les « Urban Treehouses » d’Andreas Wenning réussissent à allier le meilleur de ces mondes.

Dans un nid haut perché

Palmiers et cyprès jalonnent les éminences et vallons de Los Angeles. Et sur un terrain fort pentu dans le quartier écologique et branché d’Echo Park, la cime des arbres s’élève vers le ciel. Alors, au lieu de les décimer, le propriétaire s’est soucié de bâtir avec et autour et de les inclure dans son nouveau foyer.

Une maison dans les arbres à Echo Park, Los Angeles, au crépuscule
Maison avec vue au-dessus des cimes.
Photo : Steve King & Michael Wells

Simon Storey de chez Anonymous Architects a de ce fait conçu une résidence en forme d’arbre qui se niche et s’intègre sur mesure aux éléments existants et englobe même un arbre dans son bâti. À l’instar d’un objet d’art, le cyprès naturel traverse la chambre d’enfant et le toit en acier.

Simon Storey en a profité pour surélever l’édifice. Toutes les pièces se présentent sur un pied d’égalité avec le feuillage des arbres voisins et sur un seul étage. Cela présente un avantage des plus pratiques : les branches fournissent une ombre bienvenue en cas de chaleur intempestive et refroidit la maisonnée de façon naturelle. Rien d’étonnant à ce que les habitants s’y sentent comme dans un nid.

Un tronc d’arbre traverse une pièce
À l’intérieur, beaucoup de bois et de place pour les arbres.
Photo : Steve King & Michael Wells
Un intérieur ultra boisé
Photo : Steve King & Michael Wells
Vue panoramique du salon et du séjour d’une maison arborée
Photo : Steve King & Michael Wells

La caverne arborée de luxe

Fifi Brindacier n’est pas la seule à aimer se cacher dans les arbres. L’entrepreneur sud-africain Graham Paarman aussi. Il a par conséquent demandé au cabinet Malan Vorster de lui ériger une maison arboricole pour ses invités lors de ses séjours au Cap.

Maison arboricole cylindrique montée sur pilotis et aux parois de verre nombreuses
Appartement de vacances au Cap, en Afrique du Sud.
Photo : Adam Letch

Les architectes ont transposé l’idée de l’arbre creusé et habitable empruntée aux belles histoires d’Astrid Lindgren, en une véritable version de luxe. Ils ont inventé quatre corps de bâtiments cylindriques montés sur pilotis rappelant des souches d’arbre et semblant s’en détacher.

Vue sur un salon richement aménagé et offrant une vue imprenable sur le paysage alentour
Vue magnifique et intérieur de luxe.
Photo : Adam Letch

Le salon et la salle à manger occupent le premier niveau, la chambre et la salle d’eau le second. Une terrasse domine l’ensemble, par-delà les frondaisons. La forme ronde des pièces donne aux invités le sentiment d’être embrassés par les éléments naturels.

Les matériaux utilisés (lattes en bois, plaques en acier d’aspect rouillé mais résistant aux intempéries Corten et des portes coulissantes en verre) offrent une vue sublime et protégée de la nature avoisinante. Finalement cette cabane boisée donne à ressentir exactement ce que l’on ressentait enfant dans les cabanes haut perchées : être dans un cocon coupé du monde.

La maison à l’envers

Terrasse et jardins se trouvent la plupart du temps à l’extérieur. Cette résidence tokyoïte, elle, propose l’inverse : les surfaces ouvertes et les plantes sont à l’intérieur. Et l’on franchit le seuil d’une vaste porte d’entrée pour accéder à la cour intérieure d’un cube blanc boisé à l’intérieur.

On grimpe à une échelle pour découvrir le beau panorama depuis la terrasse au premier étage où se situent également la cuisine/salle de séjour des logements aménagés. Uniquement séparés de la cour intérieure par des parois en verre, les habitants peuvent laisser leur regard se perdre à l’envi vers les toits et les cimes des arbres du voisinage.

Le style cubiste mûrement réfléchi et la répartition inhabituelle de l’espace sont signés par l’architecte Takeshi Hosaka. Souhaitant lui-aussi accorder aux arbres la liberté de grandir, il a prévu des ouvertures en toiture. Ces dernières donnent au végétal l’espace nécessaire à leur croissance tout en alimentant le jardin en pluie et lumière naturelle.

Visions boisées

À la devise omniprésente « vivre au vert en ville », l’architecte néerlandais Raimond de Hullu du Studio Oas1s confère une nouvelle dimension. Dans son étude « Treescraper », il appuie sa conception de maisons sur l’architectonique des arbres.

Image visionnaire de cubes d’habitation superposés en bois recyclé et végétalisés au bord d’un lac et des gratte-ciel en arrière-plan
Vivre au vert en ville, dans les Treescrapers.
Image : Oasis

De Hullu s’explique ainsi : « Au fond, les arbres sont la structure la plus éprouvée et la plus populaire au monde. » Ses immeubles en forme d’arbre appelés Treescrapers se composent de plusieurs cubes à vivre empilés en bois recyclé. Ils sont dotés de fenêtres à triple vitrage et de murs végétalisés à l’extérieur. Des panneaux solaires en toiture et des filtres à eau de pluie permettent d’emmagasiner les ressources naturelles alors à la disposition des habitants.

Immeuble de rapport à la façade recouverte de plantes
Des façades végétalisées pour plus de vert en ville.
Photo : Oasis

Cerise sur le gâteau, les jardins verticaux de cet habitat visionnaire constituent un refuge et un garde-manger pour les insectes et les oiseaux. Donc les Treescrapers s’inscrivent dans une vision durable et contribuent à transformer nos villes en oasis naturelles.

Micromaison empilable

La cabane dans les arbres construite soi-même, c’est en général une hutte en bois d’une pièce portée par le tronc et les branches d’un arbre. Et c’est, bien souvent, pas très confortable. En Slovénie, une équipe d’architectes guidée par Ofis Arhitekti s’est penchée sur une version contemporaine de ladite cabane.

Cette version devait être bon marché mais assez confortable pour y vivre en permanence. La réponse au cahier des charges du cabinet, ce sont des mini-unités empilées les unes sur les autres n’ayant même plus besoin d’arbres.

Trois unités de vie cubiques aux dimensions différentes superposées sur une colline, avec une ville en arrière-plan
La cabane dans les arbres sans arbre : des cubes en bois empilables.
Photo : Ofis Arhitekti

Et comme les trois cubes, composés d’un charpente en bois et de plaques d’aluminium, ont des dimensions différentes, le résultat n’est pas du tout ennuyeux. Le prix de départ est de 20 000 € et le volume des cubes de 4,3 par 2,5 mètres au minimum. Le rêve d’acquérir sa propre demeure en pleine nature devient de plus en plus réalisable.